Le samedi 6 octobre dernier, une réunion était organisée à la Résidence de personnes âgées de la Forêt de Carnelle, à Beaumont. Il s’agissait pour Mme le maire de faire le point sur la situation à la Résidence foyer-logements de notre ville avec les familles. Les résident.es, premiers concerné.es, n’avaient au départ pas été invités… Un oubli qui en dit long sur la considération dans laquelle ceux-ci sont tenus par la municipalité.
 
Précisons à ce stade que Mme le maire n’est pas fondée à agir comme elle le fait : elle s’est auto-proclamée présidente de l’association qui porte la Résidence mais n’en a nullement le droit ou la légitimité. Elle a simplement décapité l’ancien Conseil d’administration, coopté des élus de sa majorité sans demander l’avis de personne, et s’est naturellement bien gardée de tenir la moindre Assemblée Générale des adhérents de l’association. La dernière AG des adhérents, qui sont, de droit, les résidents, s’est tenue en 2012, soit avant l’élection de Nathalie roux. Depuis, aucune AG n’est venue comme la loi l’exige pourtant décider des grandes orientations de la Résidence et désigner son Conseil d’administration et en son sein, son ou sa présidente. Nathalie Groux a donc ni plus ni moins opéré un putsch, en dehors de tout cadre légal, et cela fait bien sûr peser un risque de premier ordre sur l’avenir de la Résidence. 
 
Pour notre part, nous avions tenté de mobiliser les familles des résidents et les résident.es eux-mêmes, avec l’aide du Collectif Touche pas à ma Résidence (formé par des familles de Résidents). Nous espérions provoquer la tenue d’une Assemblée Générale des adhérents de l’Association de la Résidence de la Forêt de Carnelle, et élire à sa suite un Conseil d’administration valable et son ou sa Présidente. Nathalie Groux nous en avait empêché, nous interdisant d’accéder au fichier des Résidents et de leurs familles, afin de les contacter, et aux locaux de la Résidence, où une telle Assemblée devrait avoir lieu.
 
Au lieu de cela, Mme Groux avait entre-temps décidé de licencier pour faute le Directeur Kader Habachi, et de mandater l’entreprise Bridge pour gérer provisoirement, pour un maximum de 6 mois à compter du 1er juillet 2018, la Résidence. Rappelons que M. Kader Habachi n’avait pas démérité : son licenciement venait seulement sanctionner le fait qu’il avait pris position publiquement CONTRE la vente ou privatisation de la Résidence, ce qui était quand même son droit le plus strict, en temps que professionnel, en tant que citoyen, et en tant que lanceur d’alerte. Mme Groux n’étant pas la Présidente légitime de l’association, donc pas l’employeuse de M. Habachi, il faut s’attendre à ce que son licenciement soit cassé aux Prudhommes où M. Habachi a immédiatement porté l’affaire. les contribuables de Beaumont auront donc à payer via le budget de la ville l’indemnité conséquente que M. Habachi ne manquera pas de percevoir le moment venu du fait des fautes graves de Mme le maire de Beaumont…
 
La réunion du 6 octobre s’est très mal passée. D’abord, les adjoints de Mme Groux ont prétendu interdire à Xavier Renou, votre serviteur, d’assister à la réunion. Invité par une famille, je ne souhaitais que m’informer des annonces qui seraient faites à cette occasion, afin de vous en faire la retransmission et de vous en proposer diverses analyses. C’était trop pour Nathalie Groux, qui devant ma détermination à rester, et le soutien qui me fut témoigné par plusieurs familles, fit appel aux gendarmes. Plusieurs vidéos publiées le jour même sur cette page témoignent de ces événements. Contraint de me retirer par ce recours à la force EN TOUTE ILLÉGALITÉ – puisque j’étais fondé à assister à cette réunion et que Mme Groux n’était pas en mesure de me l’interdire, n’étant pas la directrice des lieux, je m’appuie sur le témoignage des familles pour écrire la suite de mon post. J’ai en effet attendu à l’extérieur la fin de la réunion afin de recueillir les précieuses informations de la bouche même des familles.
 
#NathalieGroux a commencé par évoquer l’état d’avancement de l’audit commandé au gestionnaire privé Bridge. Objectif de l’audit : évaluer le degré de dépendance des résidents (leur « GIR ») afin de démontrer la validité de l’argument avancé par la mairie pour déstabiliser ainsi la Résidence, à savoir, que celle-ci accueillerait des personnes âgées dépendantes alors que sa vocation de Foyer-Logement exigeait d’elle au contraire de n’accueillir que des personnes autonomes. 
 
Cet audit consistait donc en partie à mesurer l’écart entre un fonctionnement théorique de foyer-logement pour personnes autonomes et la réalité d’une Résidence associative beaumontoise qui s’est adaptée au fil des ans (plus de 30 ans depuis sa reprise avec l’appui de la mairie d’alors) à l’évolution des besoins de la population âgée de notre région. Avec un objectif, pour la mairie : casser le beau travail accompli par le personnel dévoué de la Résidence pour obliger les résidents trop dépendants à aller finir leur vie ailleurs… et ailleurs, c’est aujourd’hui le choix dramatique entre des établissements privés à but lucratif extrêmement coûteux pour les familles et des EHPAD (Établissements d’Hébergement de Personnes Âgées Dépendantes) public (ou associatifs) débordés et sous-dotés en personnels. Et dans tous les cas l’obligation pour des personnes fragiles de quitter leurs repères, leurs ami.es, un personnel dévoué et la ville qui était la leur pour rejoindre un mouroir anonyme et éloigné où elles se laisseront sans doute mourir de désespoir. Je vous promets que je ne caricature pas. Il se trouve que je connais bien ce domaine pour avoir travaillé plusieurs années dans le secteur de la gérontologie. La condition physique des personnes âgées, et donc leur durée de vie, sont étroitement liées à leur moral, à leur envie de vivre : changez-les brutalement de conditions et de lieux de vie sans égard pour elles et vous les condamnez à très court terme car elles se laisseront mourir.
 
J’ai expliqué précédemment notamment dans notre journal qui s’appelait alors Le Petit Insoumis (disponible sur le site web de Beaumont En Commun) pourquoi il n’y avait absolument aucune raison d’obliger la Résidence à se conformer au modèle théorique des Résidences autonomies et que ce qui comptait avant tout c’était les besoins des résidents. Ceux-ci n’ont qu’une envie lorsqu’ils passent des mois ou des années à la Résidence après y être entrés autonomes : c’est d’y finir leurs jours ! Qui voudrait quitter un endroit où la vie est douce, où le prix de journée est relativement abordable, et subir un déménagement pour rejoindre un EHPAD anonyme loin de ses proches ? Alors pourquoi ne pas faire en sorte de rendre possible le maintien dans la Résidence des personnes autonomes tombant en dépendance ? Après tout, c’est ce que firent avec bonheur les personnels de la Résidence pendant plusieurs décennies, sans que personne ne trouve à y redire… Si la préoccupation de Mme le maire était véritablement le bien des Beaumontois en général et de celles et ceux qui logent à la Résidence en particulier, pourquoi ne pas « médicaliser » des lits, comme on dit dans ce secteur, afin de maintenir les résidents jusqu’à leur mort dans la résidence ? La loi le permet, beaucoup d’établissements l’ont fait, et cela ne coûte pas beaucoup plus cher… sachant que les comptes de la Résidence étaient au vert !
 
On craignait diverses annonces calamiteuses de la part de Mme le maire. Il n’en fut rien. Tout s’est au contraire passé comme si celle-ci craignait de dévoiler ses intentions et souhaitait entretenir le plus longtemps possible l’illusion d’un statu quo. Il fut annoncé aux familles que les forfaits soins avec les infirmières et les aides-soignantes restaient en vigueur, et que les repas continueraient d’être servis matin, midi et soir mais sans être obligatoires. La question reste posée sur la continuité de la préparation des repas sur place, un service très apprécié des résidents mais qui fait partie des premières victimes des restructurations qui ne voient le réel qu’au travers de coûts qu’il faut toujours réduire. Les repas préparés sur place sont de meilleures qualités pour nos anciens, évidemment, et là encore, le plaisir de la dégustation, de la bonne chaire, ne compte pas pour rien dans le maintien d’une volonté de vivre chez les personnes âgées. Supprimez-leur les repas de qualité et vous leur enlèverez l’un des derniers plaisirs qui leur donnent envie de continuer de vivre…
 
Une bonne nouvelle : un Conseil de vie sociale va être mis en place avec des représentants des résidents et des familles. Un tel outil sert en principe à faire circuler l’information de manière plus efficace à recueillir les envies et besoins des usagers d’une structure et à induire davantage de démocratie dans la prise de décisions. Autant dire que Nathalie Groux ne nous avait pas habitué à cela et que nous sommes donc quelque peu sceptiques sur le rôle que pourra prendre un tel Conseil. À moins qu’il ne s’agisse de remplacer l’assemblée générale des adhérents et le Conseil d’administration élu par celle-ci au profit d’un organisme ad hoc dont les membres seraient soigneusement choisis par la mairie et sans pouvoir qui plus est. Une chambre d’enregistrement, en somme. À suivre. Une commission menus verra également le jour.
 
Mme le maire annonça encore un renforcement de la promotion de la Résidence à l’extérieur afin de remplir les studios toujours disponibles: Une promesse vague, donc on ne voit nulle trace un mois et demi plus tard, bien au contraire : le taux de remplissage de la Résidence s’est considérablement détérioré, avec un sixième des appartements toujours vacants et donc un déficit qui se creuse de jour en jour. 
Autre annonce : dans le cadre de la résidence autonomie, seuls des gens évalués en GIR 6 ou 5 pourront accéder à la résidence. Nathalie Groux, froidement, défend sa volonté de conserver à la Résidence sa vocation d’origine. Sauf qu’elle a 30 ans de retard ! Lorsque la Résidence a été crée, les personnes âgées autonomes étaient nombreuses à aller dans les maisons de retraite. Cela correspondait à diverses évolutions de notre société qu’ils serait fastidieux de détailler ici. 
Seulement, à l’heure actuelle, la situation a radicalement changé : les personnes âgées ne veulent plus quitter leur domicile avant d’y être contraintes par la dépendance et les pouvoirs publics comme l’offre commerciale privée s’emploient à proposer des solutions pour permettre le maintien à domicile le plus tard possible. Ce qui veut dire que les personnes âgées qui entrent désormais dans les établissements d’hébergement… sont beaucoup plus dépendantes qu’avant ! Il n’y a donc plus vraiment de « clients » pour les foyers-logements.
 
Un parcours soin/santé va être mis en place pour aider les résidents à préserver leur autonomie le plus longtemps possible. Un mois et demi plus tard, ce dossier-là ne semble pas non plus avoir avancé. Il se trouve qu’il existait déjà ÉVIDEMMENT tout un ensemble d’activités destinées à préserver la santé physique et mentale des résidents, COMME DANS TOUS LES ÉTABLISSEMENTS pour personnes âgées. De quelle nouveauté s’agira-t-il ? Mystère. Probablement rien, surtout si aucun budget ni personnel supplémentaire n’est alloué à l’introduction ou au renforcement de ces parcours ! Au contraire les budgets sont à la baisse et les effectifs aussi… Cherchez l’erreur… ou le pipeau !
 
Des conventions vont être signées avec des EHPAD de proximité afin d’établir un parcours de vie auprès des personnes qui deviendraient dépendantes au-delà d’un GIR 3, en collaboration avec le ou la résidente et sa famille. Qu’en termes soignés ces choses-là sont dites ! En fait, derrière cette idée, il y a bel et bien le départ des personnes âgées les plus fragiles vers les mouroirs actuels. Appeler « Parcours de vie » le fait de renvoyer brutalement des personnes âgées dépendantes vers des mouroirs en crise, voilà bien du cynisme.
 
Alors il est vrai, ces annonces n’ont été faites que par oral. En juin, une première réunion avait été organisée déjà par Nathalie Groux, et nul compte-rendu n’avait été produit. Les promesses n’engageant que ceux qui les croient, il faut vraiment rester vigilants sur tout ce qui viendra de la mairie en ce qui concerne la Résidence. Que se passera-t-il lorsque le groupe Bridge partira, d’ici décembre selon toutes probabilités ? Quel est le projet de Nathalie Groux pour la Résidence ? S’agit-il de promouvoir le bien-être des Beaumontois résidents à Carnelle ou on ne sait quel calcul douteux ? Mme GROUX, pour ne pas répondre à ces questions et bien d’autres, s’est carrément absentée de la salle pendant la majeure partie du temps de la réunion, affichant ainsi son mépris pour les familles venues parfois de loin pour l’entendre et obtenir des réponses à leurs inquiétudes. Elle n’était certes pas venues seule à la réunion initiée par elle, mais ses élus restèrent totalement muets en son absence. Sans doute n’auraient-ils pas su dire eux-mêmes ce que Mme le maire voulait faire de la Résidence. En a-t-elle seulement discuté avec eux ?
 
Lorsqu’elle a daigné revenir devant les familles, Nathalie Groux a réagi comme si on l’agressait lorsque des familles lui ont demandé de répondre aux questions suivantes :
 • Qui paiera l’audit qu’elle a mandaté auprès de la société Bridge : La municipalité ou la résidence (donc les familles) ? 
 • Quel est son coût ? 
 • A-t-elle prévue un budget et pour quel montant pour assurer les travaux du bâtiment de la résidence ? 
 
Elle a du coup refusé de répondre… Une réunion qui n’aura donc servi à rien, sinon à rendre furieux contre Mme le maire les familles des résidents… Bravo Nathalie Groux !
 
Qu’en est-il depuis ? Et bien la Résidence est à la dérive : ses comptes ne sont plus équilibrés, les résidents ne savent plus ce qu’ils vont devenir, les familles sont angoissées à l’idée de devoir chercher de l’argent pour payer un autre établissement plus cher où on les contraindrait à faire partir leurs parents, la facture énergétique continue de s’alourdir faute de travaux d’isolement, Nathalie Groux ayant stoppé net les travaux programmés par l’ancien maire (voir à ce sujet la vidéo que nous avions réalisées avec les architectes désignés pour ces travaux, sur cette page). Résultat : les résidents ont froid, les fuites d’eau se multiplient, et le personnel est démoralisé : les arrêts de travail se succèdent…  Quel gâchis.
 
 
 

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