Dans ce texte nous allons vous proposer une petite révolution tranquille pour sauver notre ville du déclin, améliorer la qualité de vie des habitants, offrir des perspectives économiques importantes, lutter contre la pauvreté et aider la planète à aller mieux… Une ville ne peut pas tout, mais elle peut des choses. Il s’agit pour nous de faire notre part, comme diraient les Colibris de Pierre Rhabi.

L’avenir, qu’on s’en réjouisse ou non, sera écologique. La canicule de l’été nous l’a rappelé, il est urgent de penser le dérèglement climatique, ce qui peut vouloir dire trois choses essentielles pour Beaumont : VÉGÉTALISER pour rafraîchir ; GARANTIR LA SOUVERAINETÉ ALIMENTAIRE EN BIO, en prévision des bouleversements qui s’annoncent et pour garantir la justice sociale ; assurer la TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et les factures du même coup. Autant d’opportunités pour les villes qui sauront prendre le tournant au plus tôt. Elles sont déjà des milliers dans le monde à avoir suivi l’exemple de la ville britannique de Totnes en Grande-Bretagne, où un certain Rob Hobkins a convaincu les habitants de s’engager. Et leur vie a changé. Faisons ensemble le pari d’un avenir libéré des peurs et de Beaumont-Sur-Oise la ville modèle de la Transition.

Avec Beaumont En Commun, nous nous emploierons comme à Ungersheim, Albi, ou Rennes à susciter la formation d’une ceinture verte autour et dans la ville pour une alimentation en circuit court, quitte à acheter des terres pour les confier à des habitants désireux de devenir maraîchers bios et que des personnels en insertion pourraient accompagner… comme c’est déjà le cas dans l’Oise avec A la bonne ferme, une exploitation qui produit des légumes en permaculture avec des salariés en réinsertion professionnelle. Des micro-crédits octroyés par la mairie, et financés pour partie par la monnaie locale, pourront accompagner l’installation en bio, la sortie des pesticides ou la conversion en bio d’agriculteurs urbains ou péri-urbains, comme à Orlando. La mise à disposition de friches urbaines ne manquera pas d’attirer les très nombreux agriculteurs qui ne trouvent pas de terres. En échange il sera demandé à ses producteurs de privilégier les Beaumontois pour ce qui concerne les embauches, les contrats en insertion, les stage, voire l’accueil de jeunes en woofing.
De possibles interactions avec la ferme pédagogique seront encouragées, naturellement, comme l’utilisation du cheval pour le ramassage ou de poules pour la protection co
ntre les limaces. Nous recenserons les friches, les pieds d’immeubles et autres espaces verts cultivables pour y autoriser les habitants, les enseignants et élèves des écoles, des maraîchers professionnels ou des spécialistes de la mairie à y faire pousser des légumes ou des fruits. Nous recenserons également les toitures qui pourraient accueillir diverses formes de cultures alimentaires. Savez-vous que la plus grande ferme du monde sur toits se trouve à New-York ? Voyez les expériences menées sur les immeubles à Montréal (skyvegetables.com), Paris ou Lyon, ou sur le toit de certains supermarchés comme à Brooklyn, ou encore sur ceux des établissements scolaires, hôpitaux, restaurants ou hôtels, comme à Singapour, et imaginez la même chose à Beaumont… Nous étudierons la possibilité de fermes productives du type Bec Hellouin, appuyées par exemple sur le savoir-faire et l’épargne de Terre et Humanisme. Nous n’aurons aucun mal à trouver des maraîchers bios en mal de terres et désireux de se lancer dans cette aventure, a fortiori si nous leur proposons l’accès au micro-crédit ou à l’épargne sociale et solidaire (de type Cigales…). 

Nous proposerons aux habitants qui possèdent des balcons d’y accueillir des plantations, même modestes. Des kits et des occasions de troc de graines seront proposés aux habitants désireux de se lancer dans le jardinage sur leurs balcons et toitures. Nous favoriserons la mutualisation des jardins privés que leurs propriétaires voudraient voire cultivés par d’autres habitants, et bien sûr le partage des graines, des outils et des savoir-faire. Nous organiserons la plantation d’arbres fruitiers dans les espaces verts et proposerons aux habitants qui le souhaitent de gérer collectivement une pépinière et une banque de semences. Nous encouragerons en un mot la végétalisation de la ville en général et l’agriculture urbaine en particulier. Nous proposerons des formations aux jeunes et vieux chômeurs pour des emplois en insertion et qualifiés autour de ces domaines… tout en nous appuyant sur les compétences et l’enthousiasme de nombreux bénévoles retraités ou non, et bien sûr d’associations spécialisées. Permaculture, systèmes dits goutte à goutte, aéoroponie, bioponie : nous proposerons aux habitants volontaires un accompagnement dans la découverte de ces techniques remarquablement efficaces et porteuses d’avenir. Savez-vous que deux mètres carrés cultivés en bioponie, une technique hors sol mais bio, idéale sur un toit, et qui requiert très peu d’eau et très peu de travail, peut produire suffisamment pour nourrir un habitant toute une année ?

Nous organiserons des opérations « permablitz » visant à la création express de jardins potagers à base de plantations en lasagne, entre des couches de compost et de matières carbonées (comme des déchets verts, des vieux cartons, de la paille, des feuilles sèches…) : ces jardins ne nécessitent pas de creuser, et bien sûr ils bénéficieront de la collecte efficace du compost que nous mènerons activement sur la commune (comme en Irlande ou en Suède, où la totalité des déchets organiques sont compostés)…

Les particuliers qui le souhaitent pourront donner une partie de leurs productions de jardin aux écoles, aux familles, aux personnes âgées, aux associations caritatives, au futur restaurant municipal, quitte à ce que des volontaires viennent procéder à la cueillette… Nous nous appuierons peut-être sur des partenaires comme plantezcheznous.com ou pretersonjardin.com). Naturellement, nous recourrons à l’éco-paturage -grâce aux animaux accueillis dans notre refuge / ferme pédagogique – pour la tonte de nos espaces verts non cultivés, ce qui ne manquera pas d’attirer de nombreux curieux dans la ville, notamment quand les animaux traverserons la ville pour se rendre d’un espace vert à l’autre.

La ville toute entière pourrait devenir le champ d’expérimentation des étudiants du Centre de formation aux métiers de la transition écologique et de l’agriculture urbaine que nous aimerions créer sur notre ville. Un centre susceptible d’accueillir de nombreux Beaumontois intéressés par ce domaine plein d’avenir, ainsi que des étudiants venus de plus loin. Ce centre pourra travailler avec un petit incubateur d’entreprises de l’économie sociale et solidaire tournées vers l’écologie, que nous pourrions installer dans la maison des associations, vide en journée. A condition bien sûr d’accélérer l’installation de la fibre optique, qui permet aussi le télétravail. On pourrait d’ailleurs encourager à Beaumont l’installation d’une branche de Coopaname, une coopérative de portage salarial et d’accompagnement destiné aux porteurs de projets économiques, et notamment aux auto-entrepreneurs, mais qui les aide et les protège. Des jeunes étudiants et des jeunes et moins jeunes entrepreneurs de Beaumont et d’ailleurs pourraient ainsi se retrouver sur notre ville et redonner au passage un peu de vie à notre centre-ville.

Nous encouragerons l’émergence d’AMAP, comme celle que nous avons créée déjà et afin de sécuriser les revenus des paysans locaux, l’ouverture d’un supermarché de producteurs, type La Ruche qui dit oui, l’installation de ruches sur toits et balcons, ou dans les bâtiments publics, scolaires, ou sur un espace vert (comme à Saint-Prix). La création d’un cocotarium à terre avec des poules nourries à l’aide des déchets organiques des habitants, et qui leur donne des œufs en retour, comme à Neuville Sur Oise. La création de poulaillers sur les toits, comme à Bordeaux (le meilleur moyen de lutter contre le frelon asiatique, au passage), et la mise en place d’hôtels à insectes sur les ronds points, en bordure de ville, pour la biodiversité et faire revenir les oiseaux…

Les initiatives citées ci-dessus permettront rapidement de proposer des repas 100 % bios dans les cantines. Nous proposerons la découverte de plats végétariens dans les menus de ces mêmes cantines, comme c’est déjà le cas depuis longtemps à Saint Etienne, Perpignan, Montereau, L’Ile-Saint-Denis… Nous travaillerons au retour en régie publique de la fourniture des repas des cantines avec l’aménagement d’une cantine centrale qui pourrait servir aussi pour le restaurant municipal et l’organisation d’ateliers pédagogiques autour de l’alimentation… Cette cantine centralisée permettra dans le même temps de faire la chasse aux gaspillages alimentaires, avec des plats servis au plus juste mais aussi la possibilité de les resservir le soir.

Toutes ces mesures nous feront tendre vers la souveraineté alimentaire : ainsi, nous nourrirons les habitants tout en fournissant des emplois à nombre d’entre eux, dans la culture, mais aussi dans la revente, la conserverie ou la transformation des aliments, et dans la pédagogie autour de celles-ci. Peut-être à terme nous faudra-t-il acquérir ou louer ou mutualiser un pressoir, un stérilisateur, un capsuleur pour transformer en jus de fruits ou soupes une partie des fruits et légumes produits sur notre commune. Ce sera encore une poignée d’emplois créés.

La végétalisation des toits des bâtiments collectifs permettra de produire légumes et fruits. Mais elle permettra aussi au passage de rafraîchir notre ville et d’améliorer l’isolation des logements donc le confort des habitants. Nous ferons un diagnostic vent et ensoleillement (cadastre solaire) afin d’accompagner financièrement la location ou l’aide à l’achat de dispositifs individuels et collectifs de production électrique durable (par exemple du micro-éolien démarrant par vents faibles), y compris pour les entreprises. Nous installerons ainsi des panneaux solaires sur les bâtiments publics (piscine, gymnase, mairie, écoles, Résidence Carnelle…) pour réduire la facture énergétique globale, comme à Ungersheim. Nous étudierons la possibilité d’installer également des dispositifs de type micro-éolien et autres afin de transformer nos bâtiments en bâtiments à énergie positive. Bien sûr nous exigerons des normes écologiques ambitieuses pour les nouveaux bâtiments, comme par exemple à Loos-en-Gohelle. Nous changerons de fournisseur d’électricité, au profit d’Enercoop, qui soutient le développement des énergies renouvelables et reste à but non lucratif. Nous mettrons en place une politique de réduction des déperditions et autres gaspillages énergétiques (avec par exemple des gradateurs de lumière sur les lampadaires, ou l’extinction pure et simple, entre minuit et 6 heures), des détecteurs de présence pour ne les allumer que lorsqu’ils sont utiles.

Nous étudierons la mise en valeur possible des déchets produits localement, afin d’aller vers le zéro déchet y compris et d’abord, dans les cantines scolaires et autres espaces de restauration collective. Nous proposerons des incitations financières, la valorisation de certains déchets, des campagnes de sensibilisation et l’amélioration des filières de tri à l’aide d’associations spécialisées. Par exemple, dans l’Oise, une entreprise, « Les reToqués », fabrique des biscuits apéritifs à partir de fruits écartés des circuits de distribution parce qu’ils ne correspondaient pas aux critères attendus. Nous tâcherons aussi de récupérer les eaux de pluie, à l’aide de collecteurs installés sur les toits et dans les parcs, y compris ceux des entreprises et des écoles. Nous mettrons à disposition des particuliers volontaires et des espaces publics des toilettes sèches et la matière carbonée qui va avec, afin d’économiser l’eau et de produire davantage de compost.

  Afin de réduire les déplacements courts en voiture, nous encouragerons les modes de circulation doux. Nous proposerons la mise en place d’un service de mini-bus municipal et gratuit doté d’un parcours précis mais qui raccompagnerait les voyageurs à leur domicile si tel est leur souhait, ce qui est idéal pour les personnes âgées et celles qui sont chargées de leurs courses. Nous mutualiserons des véhicules municipaux et faciliterons le covoiturage des Beaumontois se rendant à Roissy, Beauvais ou simplement à la gare. Nous encouragerons les Beaumontois qui le veulent à renoncer à leur deuxième véhicule ou à le mutualiser. Nous étudierons la possibilité d’acquérir des véhicules non polluants, comme par exemple à moteur à hydrogène si l’hydrogène est produit par une source énergétique durable. Ces véhicules seront à la disposition des habitants et à la fois redonneront de la mobilité aux plus modestes, mais en plus inciteront certains habitants à renoncer à leurs propres véhicules.

Ouverte aux innovations, notre municipalité étudierait la possibilité d’une filière de carburant à l’huile alimentaire recyclée ou d’agrocarburants de seconde génération, voire d’hydrogène produit à l’aide de sources d’énergie renouvelables. Sans oublier l’organisation d’un pédibus pour emmener les enfants à l’école ou au parc, la mise à disposition de vélos cargo ou de vélos électriques pour les courses ou le transport des enfants, l’aménagement de voies cyclables en site propre ainsi que de places de parking protégées pour vélos (comme à Orry-la-ville ou Coye-la-Forêt par exemple) pour encourager les modes de circulation doux… De quoi devenir un exemple en France, et donc une ville qui attirera de nombreux curieux, des investisseurs, des associations…

Nous collecterons les invendus des grands magasins, qu’ils ont l’obligation de donner, et pour ce faire, nous mettrons au point une application afin que les magasins nous signalent les produits à collecter. Cette application pourrait d’ailleurs être élargie aux particuliers, sur le modèle de ce qui existe déjà avec partagetonfrigo.fr ou foodsharing à Berlin, et inclure les produits des vergers privés, comme avec les applications type TooGoodToGo. Nous utiliserons le véhicule réfrigéré de la mairie pour récupérer les produits invendus des grandes surfaces et les partager avec les organisations caritatives ou les servir dans notre restaurant municipal (en mode « disco soupe » ou « incroyables comestibles » par exemple). Ce restaurant ouvert les soirs de week-end pourrait être abrité dans la salle Léo Lagrange, aujourd’hui sous-utilisée. Y seront également servis une partie des légumes et fruits produits et récoltés sur la commune. Les repas seront à prix libre, ce qui veut dire que chacun pourra payer ce qu’il veut, même rien, et manger néanmoins à sa faim et correctement. Ce qui permettra à chacun de venir y manger quelque soit ses revenus. Naturellement, ce restaurant municipal sera l’occasion de réhabiliter les légumes disparus, d’encourager la récupération, les circuits courts, le bio et le végétarien, l’ouverture aux cuisines étrangères, etc.

Nous serons une municipalité protectrice qui se battra avec ses habitants pour la défense des animaux, des oiseaux, des insectes même. Nous susciterons l’émergence d’une ferme pédagogique refuge dont les animaux nous serons donnés ou auront été sauvés de diverses situations dramatiques (animaux abandonnés, animaux de refuges, animaux sauvés de la chasse, des cirques, des abattoirs, animaux accidentés de la route). Ces animaux seront présentés aux enfants des écoles, aux familles, afin de les initier au respect du vivant, et pour rendre possible une meilleure connaissance de l’intelligence animale. Les écoliers pourront venir visiter la ferme, comme c’est le cas avec la ferme d’Ecancourt. [Ferme d’Ecancourt cf web]

Les animaux seront emmenés d’un point à l’autre de la ville pour faire de l’éco paturage. Nous protégerons la santé publique donc nous nous opposerons à l’usage de pesticides, aux compteurs Linky… et à la chasse, qui menace les promeneurs et autres cyclistes, sans parler des malheureux « gibiers », à quelques centaines de mètres à peine de nos lotissements.

Nous avons parlé de l’éventuel retour en régie publique de la fourniture des repas des écoles. Nous travaillerons également au retour en régie publique de la distribution de l’eau aux habitants, comme 300 petites et grandes villes françaises l’ont fait depuis 2010, comme Grenoble, Paris, Troyes, Saint-Pierre des Corps… Avec l’aide des habitants ou de volontaires d’associations (Emmaüs?) nous encouragerons l’organisation de « repair cafés » pour des échanges de savoir-faire autour de la réparation de nos vieux équipements électroniques, de nos vélos ou voitures, d’ateliers de couture pour réparer nos vêtements, d’ateliers de fabrication de nettoyants ménagers, de produits cosmétiques, de dentifrices, etc. Et naturellement, nous encouragerons la mutualisation des biens d’équipement de type outils de bricolage, de jardinage et d’ustensiles de cuisine, tondeuse, vélos, voitures pourquoi pas ainsi que les échanges de savoir-faire caractéristiques des « SEL », les systèmes d’échanges locaux. La mairie pourra aider au développement de ces échanges en créant par exemple une application smartphone (ainsi que pour la mutualisation des jardins, des véhicules municipaux, le covoiturage des Beaumontois…) et en ouvrant un service dédié en mairie.

Toutes ces propositions sont appliquées déjà ailleurs, et ont fait leurs preuves. Beaucoup d’entre elles ne coûtent pas cher, et peuvent au contraire permettre des retours sur investissement non négligeables pour la ville et pour les habitants.

Alors, ça vous dit d’essayer ?

 

Xavier Renou et l’équipe de Beaumont En Commun

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