Notre ville est en déclin, depuis des années, et ce déclin s’est encore accéléré depuis 4 ans. Beaumont se meurt aujourd’hui, par son centre-ville, comme chacun peut le constater en comptant les locaux commerciaux vides ou l’état des devantures. Le déclin du marché est un autre signe évident. Il s’étendait jadis jusqu’aux abords de la mairie… et se réduit aujourd’hui à peau de chagrin, et les effets d’annonce de la mairie n’y changent rien.

Il y a une raison majeure au déclin de notre centre-ville qui est bien connue, parce que le même phénomène s’est produit un peu partout : on a laissé s’implanter les enseignes de la grande distribution, dans des conditions souvent douteuses d’ailleurs, et résultat, notre ville se trouve aujourd’hui littéralement encerclée de grands magasins et de zones commerciales : Carrefour au rond point de l’Isle-Adam, Intermarché à la sortie de Beaumont, Leclerc dans le centre-ville de Persan, la grande zone commerciale de Chambly, « les portes de l’Oise », et bientôt une nouvelle Zone d’Activité Commerciale, à Persan.

La raison jamais discutée du déclin de notre centre-ville : la pauvreté qui s’accroit

Sauf que ce n’est pas la seule raison du déclin de notre centre-ville. Une autre raison majeure, peu visible sauf des premiers concernés, est l’appauvrissement d’une partie importante de la population beaumontoise. Là encore le phénomène est bien connu, même si Beaumont n’est pas Stains, Gonesse, Sarcelle, Saint-Denis et autres grandes villes ouvrières de la proche banlieue parisienne. Reste que la tendance est la même : l’ascenseur social des classes populaires s’est bloqué : la désindustrialisation a fait chuter les perspectives de progression au sein des milieux ouvriers et chez les enfants des travailleurs immigrés. Les CDI ont cédé la place aux CDD, puis à l’intérim, aux contrats atypiques, précaires qui empêchent de se projeter, d’épargner, de faire famille, de se former dans l’entreprise pour progresser en compétence et responsabilité. Dans le même temps, l’État a lâché les quartiers populaires : les services publics ont fermé, les travailleurs sociaux ont cédé la place à la BAC et aux caméras de surveillance, les MJC ont fermé. Et pour achever le tableau, le tarissement de l’embauche de fonctionnaires depuis 3 décennies a fini de fermer cette dernière possibilité d’émancipation des jeunes issus des classes populaires. Aujourd’hui, comme pour mettre les derniers clous sur le cercueil, les gouvernements aux ordres de la finance réduisent chaque année un peu plus les dotations aux communes, ce qui réduit leurs possibilités d’agir et de faire tampon, en protégeant les plus fragiles.

Alors la catastrophe est globalement silencieuse, même si elle se traduit immanquablement par des petits incivilités et une petite délinquance qui ne contribuent pas à rendre attractives le centre-ville, notamment pour les personnes âgées. Il arrive aussi que la colère explose, comme avec les émeutes que notre ville a connues en 2016, et que de très nombreuses villes populaires ont connu, certes en général suite à un fait précis, et prétexte, mais qui manifestent évidemment une rage contenue dont les causes sont structurelles. La catastrophe sociale est bien réelle, et ses conséquences sont multiples. Au nombre de celles-ci, le renforcement du déclin des centres-villes : les classes populaires n’ont plus les moyens de consommer, ou très peu, ou à bas prix, ce qui les conduit logiquement à se tourner vers les grandes surfaces, qui peuvent se permettre de casser les prix, ou à rejoindre le cortège des malheureux qui frappent aux portes des organisations caritatives. Sait-on qu’à Beaumont, en deux ans, le nombre de personnes « bénéficiaires » de l’aide apportée par la Croix-Rouge a doublé ?

Du côté des classes moyennes la situation n’est pas forcément beaucoup plus réjouissante. Une partie de celles-ci, les fonctionnaires, les jeunes diplômés stagiairisés, et une partie des retraités, ont vu leur pouvoir d’achat grignoté. Pensez qu’il y a maintenant des policiers qui dorment dans leur voiture faute d’avoir les moyens de se loger à proximité de leur travail… et des profs qui vivent en collocation faute de pouvoir faire face seuls à un loyer élevé.

Un parking mieux que celui de Carrefour ?

Une troisième raison majeure qui explique le déclin de notre centre-ville, c’est aussi le manque d’attractivité de notre ville aujourd’hui. Comment s’en étonner ? Personne ne réfléchit dans ces termes. Pour les uns, il suffirait d’améliorer le stationnement en ville pour relancer le centre-ville. Il est toujours intéressant d’améliorer les possibilités de stationnement, et nous nous y emploierons en ouvrant des places de parking. Des places temporaires en plein centre-ville (en modifiant temporairement la circulation ou en mutualisant en journée les parkings des résidences qui en seraient d’accord, moyennant dédommagement). Et des places permanentes sur les berges de l’Oise (en réfléchissant à la meilleure façon de le relier au centre-ville (un ascenseur, sur le modèle de ce qui existe à Chantilly ? Une navette gratuite, comme à Avignon ?). Et nous soutiendrons bien sûr le développement des modes de transport doux (pédibus pour les enfants des écoles, vélo à assistance électrique…) notamment pour les déplacements courts. Mais un parking ne résoudra rien à lui tout seul car il sera toujours plus facile de se garer sur les gigantesques parkings des grandes surfaces. L’encouragement des modes de circulation doux n’améliorera que marginalement cette dimension, même si elle agira en revanche sur la qualité de vie (et la santé, et le pouvoir d’achat) ce qui n’est évidemment pas rien.

Des nouveaux habitants pour remplacer les habitants qu’on n’aide pas ?

Pour d’autres, il faudrait densifier le centre-ville en construisant quelques immeubles sur les près de 2 hectares d’espaces ouverts afin d’y attirer une population nouvelle de classes moyennes. Résident en plein centre-ville, ces nouveaux habitants à pouvoir d’achat important feraient logiquement leurs courses au plus près. Accessoirement, on pourrait peut-être privilégier les grands appartements pour compenser la pénurie de logements familiaux sur Beaumont et permettre ainsi à certains habitants de continuer d’habiter leur ville même après que la famille se soit agrandie. Pourquoi pas, mais on parle nécessairement de très peu de gens car outre que la place manque, la loi oblige à créer des places de parking pour les nouveaux résidents et on voit mal où on les mettrait. Ce qui serait plus facile, peut-être, serait de préempter à bas prix des logements vides et en mauvaise état, et d’en raser certains afin d’agrandir les autres ou de leur adjoindre des jardins, notamment pour les maisons de ville. Si l’on veut attirer de nouveaux habitants, il faut être à l’écoute de leurs besoins, et ceux-ci se portent souvent vers des maisons… avec jardins. Il pourrait également être intéressant d’imaginer des espaces de co-habitat, des coopératives d’habitation, de type « village vertical  », comme à Villeurbanne, soutenu par HabiCoop, ou comme « La Jeune Pousse », à Toulouse. Ces habitations mutualisent divers services (achats groupés, échange de matériels, garde d’enfants, prise en charge solidaire des plus âgés) et divers espaces : la salle à manger, la buanderie, les espaces de jeux des enfants, le jardin et éventuellement un espace (qui peut être la salle à manger) dédié à des événements collectifs, ateliers, etc. Ces espaces se caractérisent par des prix abordables, une gestion démocratique, davantage de solidarité entre habitants, des bâtiments écologiques et adaptés au handicap et au grand âge. A Oslo, ils représentent 40 % de l’habitat…

Trouver le commerçant qui nous sauvera ?

Pour d’autres encore, la solution se trouve du côté du type de commerces à attirer : deux ou trois commerces originaux, utiles et peut-être un peu chics pourraient convaincre les habitants des environs et les Beaumontois un peu plus favorisés de revenir en centre-ville. Une superette, un magasin bio, un bijoutier, un traiteur, un resto original seraient à même de sauver la ville… Difficile à croire. Tout comme pour le parking, cela ne ferait évidemment pas de mal. Nous aimerions d’ailleurs bien pour notre part ouvrir une superette bio et solidaire avec une partie de la marchandise en vrac pour réduire encore les prix et limiter les emballages, sur le modèle de La Louve, à Paris, ou de Super Quinquin à Lille, Prairial à Vaulx en Velin, la Cagette à Montpellier… Ou encore une librairie coopérative gérée par les habitants comme à Poligny dans le Jura et qu ise doterait d’une imprimante permettant d’imprimer les livres à la demande, ce qui réduirait considérablement les coûts pour les clients. Ou peut-être une recyclerie, comme à Lormes en Bourgogne, une ville de 1300 habitants qui a misé avec succès sur le commerce associatif pour redynamiser son centre-ville, un magasin gratuit (comme La Boutique sans argent, le Siga-Siga à Paris), un atelier traiteur associatif… Ces solutions gérées par des bénévoles ou avec un minimum de salariés permettent de pratiquer des prix très bas, de privilégier les marchandises de meilleure qualité et de recréer de la convivialité, à l’instar des AMAP, ces associations de consommateurs et de producteurs de produits alimentaires, qui leur sont souvent associés. Pour notre part, nous ne nous satisferons pas d’incantations. Nous apporterons un soutien concret de la mairie aux commerçants, qui seront évidemment autorisés à ouvrir plus tardivement, et appellerons à la formation d’un comité d’habitants volontaires désireux d’accompagner les porteurs de projets, comme à Loos en Gohelle qui a introduit le principe du 50/50 : la mairie fournit la moitié de l’aide nécessaire aux projets retenus suite à des assemblées citoyennes, et le porteur de projet fournit le reste, et bien sûr en premier lieu le temps de travail. Un dispositif renforcé encore par la possibilité d’offrir des micro-crédits, pour partie financés par la monnaie locale. Comme à Lormes, nous appellerons des volontaires pour aider les services municipaux à rafraîchir les façades des magasins et rues du centre-ville, et à retaper les locaux commerciaux vides (huisseries, peintures, électricité…) en concertation avec les uns et les autres. Nous pourrons aussi mobiliser des jeunes volontaires pour des chantiers internationaux, comme à Montmagny pour restaurer le fort de la Butte-Pinson. Les jeunes pourraient travailler à la restauration de certains aspects du château, des berges, des locaux commerciaux, du fleurissement des rues et des façades… Certains des locaux réhabilités pourront être proposés 6 mois-test à titre gracieux, pour soutenir le lancement des nouveaux commerces. Nous devrions ainsi en peu de temps pouvoir accueillir de nouveaux commerces, et même des commerces et activités originaux, qui sont en général attractifs mais pas forcément rentables, mais donnent du travail et animent une ville (fablab, ateliers de nourriture et livraison de plats véganes, confection par des bénévoles et livraison à domicile et à vélo de repas préparés à partir des cultures locales, pour personnes âgées handicapées ou malades, comme à Montréal, magasin de producteurs…). En parallèle, nous nous battrons pour le maintien en centre-ville des services publics de l’État pour que Beaumont continue d’attirer en plus leurs usagers des communes alentour.

Mais qui peut croire que l’offre commerciale pourra un jour rivaliser avec celle des ZAC et des galeries marchandes des grandes surfaces ? Il y aura toujours plus de choix et de meilleurs prix chez elles. Qui peut espérer battre les grandes surfaces sur leur propre terrain ? Donc nos voisins viendront peut-être ponctuellement dans un des magasins originaux mais cela ne sauvera pas les autres commerces, et ne suffira probablement pas à assurer la viabilité des commerces en question, qui fermeront après quelques mois.

Diminuer les charges des commerçants ? Mais s’il n’y a pas de clients…

Pour finir, certains avancent l’idée d’aider les commerces présents et à venir en leur accordant des facilités, voire des réductions d’impôts. Là encore, la piste est pleine de bon sens, mais insuffisante. On peut aider les magasins à réduire leurs coûts fixes, cela les aidera certes à tenir un peu plus longtemps. Mais sans clients, pas de salut. Et les clients ne reviendront pas parce que leur commerçant ne paye pas son emplacement au marché. Pour notre part, nous accorderons la gratuité de l’emplacement aux étalages du marché, les premiers temps, puis en échange de dons en nature à la ville, évalués au cas par cas et qui pourront être distribués dans le restaurant municipal (dons alimentaires) ou via le CCAS ou une des organisations caritatives présentes sur notre commune. Les commerces du marché ou permanents qui acceptent la monnaie locale seront soutenus par la mairie, notamment par des annonces commerciales sur les panneaux électroniques de la ville, des publicités dans le magazine de la ville, sur le site internet de la ville, et un accès privilégié au micro-crédit. Ils se verront accorder diverses facilités de paiement de leurs taxes, voire des suppressions de celles-ci (par exemple sur les éclairages de leurs vitrines, sur leur terrasse, sur la pose d’un panneau de réclame devant leur vitrine…), dans le respect de la légalité. Ils pourront ponctuellement étendre leurs commerces sur la voie publique (terrasses, berges de l’Oise) afin d’offrir un service aux habitants et aux touristes à la hauteur des attentes de ceux-ci. Ils auront s’ils le souhaitent la permission de rester ouverts plus tard le soir afin de moins souffrir de la concurrence des grandes surfaces.

Mais cela ne saurait suffire. Chacune de ces pistes oublie littéralement les classes populaires et le problème du pouvoir d’achat insuffisant. Bon, oublier entre un quart et un tiers des habitants de la ville, c’est quand même choquant. Et en plus c’est stupide. On ne refait pas vivre une ville en excluant une partie aussi importante des habitants. En plus, à la mairie on fait la guerre aux commerces populaires qui donneraient une mauvaise image à la ville et détourneraient du coup les classes moyennes du centre-ville… On les oblige à des travaux coûteux à la dernière minute, on les taxe pour la moindre chose (éclairage des vitrines, pose d’un panneau de signalisation ou même de menus devant l’entrée, terrasses…) alors que leurs chiffres d’affaires sont en berne, on décourage certaines de leurs initiatives, certaines stratégies d’affichage. Des événements populaires comme la brocante sont déplacés hors du centre-ville ce qui prive les commerces de l’affluence intéressante ce jour-là, etc. Tout le contraire de ce qu’il faudrait faire.

Faire de Beaumont une expérience à vivre

Il faut prendre le problème autrement : les gens ne vont pas venir à Beaumont parce qu’on s’y gare facilement ou parce qu’il y a un bijoutier et un traiteur bio qu’ils peuvent trouver ailleurs. Pour faire venir les habitants à fort pouvoir d’achat des communes autour de Beaumont, et peut-être aussi les retraités en croisière sur l’Oise, et peut-être en plus des touristes, des familles, des Parisiens, et d’abord les Beaumontois, il faut que le centre-ville et la ville toute entière deviennent une « expérience » à vivre. Qu’on y vienne pour autre chose que consommer, et qu’on y consomme parce qu’on est là et qu’on y est bien. Et il faut en parallèle qu’on s’attaque à la question du pouvoir d’achat des Beaumontois des classes populaires, tout en veillant à ce que le surcroît de pouvoir d’achat qu’on rendra possible ne soit dépensé qu’à Beaumont. Ce sera l’objet de la monnaie locale.

D’abord, l’attractivité. Il y a de multiples façon de faire venir les gens dans une ville, et de convaincre les habitants d’y passer plus de temps. Nous avons pour notre part retenu plusieurs axes prioritaires :

Miser sur le patrimoine historique

La revalorisation du patrimoine historique et culturel. Il est possible de redonner à Beaumont son charme d’antan. Nous avons eu des berges de l’Oise qui attiraient les amateurs de bain de toute la région. On ne peut certes plus se baigner dans l’Oise, mais on peut de nouveau installer aux beaux jours des bassins sur les berges, comme dans les années trente, et y organiser des animations pour le plaisir des petits et des grands. On pourrait y accueillir les amateurs de danses à deux ou en groupe, et avoir aussi notre Beaumont plage ! D’autant que la nouvelle piscine n’a malheureusement pas de bassin découvert et que ses prix sont quelques peu dissuasifs…

En restaurant ce qui reste de l’armature de l’époque, on pourrait redonner du cachet à cet espace laissé aujourd’hui à l’abandon, et convaincre, qui sait, des croisiéristes de s’y arrêter, des touristes de venir voir, des familles de s’y promener. Des péniches amarrées au pied de Beaumont, l’hiver ou au printemps voire toute l’année, pourraient également accueillir touristes et habitants autour de moments festifs, de repas partagés, d’événements culturels ou pédagogiques. Une petite ferme pédagogique accueillant des animaux provenant des refuges de la SPA – il y a des animaux de ferme au refuge de la SPA de Vitry Sur Sein par exemple – pourrait finalement convaincre familles et enfants de venir pique-niquer ou se promener sur les berges pour y profiter de la quiétude et y observer les animaux.

Un cheminement pensé intelligemment pourrait convaincre les habitants et autres touristes de remonter ensuite sur le centre-ville. Si le chemin est agréable, original, végétalisé, fleuri par exemple, voire comestible comme le sont désormais certaines rues de grandes villes, il n’est plus une contrainte mais un plaisir, une découverte, une expérience. La rue Nationale pourrait être transformée côté rempart en musée un eu à la façon des grilles du jardin du Luxembourg, à l’aide de fresques, de tableaux géants, de trompe-l’oeil… que l’on découvrirait en marchant. Un peu comme ce qui s’est fait à Angoulême avec les dessinateurs de bande-dessinée, à qui la mairie a ouvert les murs de la ville, ce qui rend la promenade amusante parce que l’on se prend à chercher les dessins muraux, qu’on les admire et qu’on cherche à se rappeler qui en sont les auteurs, etc. Peut-être faut-il penser en terme de moyen de locomotion original et agréable. Les gens marcheront peut-être, mais on peut aussi leur proposer des moyens de locomotion qui transformeront l’effort en plaisir. Faut-il un ascenseur comme à Chantilly ? Un escalator ? Des vélos électriques en site protégé ? Un trottoir qui produit de l’électricité lorsqu’on marche dessus, ou de la musique, ou qui vous raconte la ville ? Des passerelles métalliques comme à Lausanne, ou des passerelles de corde sécurisées (« ponts de singes ») en hauteur ? Une traboule comme à Lyon si l’on parvient à rouvrir l’ancien escalier qui reliait la berge à la rue nationale puis au parking du Château ? Et demain, avec l’aide de l’agglomération, un téléphérique sur le modèle de Chicago… ou Brest, et qui relierait la gare de Persan aux berges et au centre-ville de Beaumont, aux quartiers les plus excentrés de Beaumont (Caillouet, Boyenval) et peut-être à la gare de Nointel ? Il y en avait un jadis dans la forêt de Carnelle, dont témoignent encore les pylônes éparpillés dans le périmètre… Nous livrons ici des pistes qui existent ailleurs, qui sont peut-être inadaptées, ou pas, mais qui pourraient stimuler l’imagination des habitants de Beaumont pour qu’ensemble nous trouvions les solutions les plus adaptées. Elles sont présentées pour signifier qu’il est temps de changer la façon de penser la ville. Et qu’on peut le faire ensemble, en décentrant le regard, en acceptant de regarder ce qui se fait de mieux, et de plus original ailleurs, sans se laisser enfermer par les préjugés du type « oui mais à Beaumont c’est pas pareil » ou « ici les gens ne sont pas assez ceci ou cela »… Prenons le temps d’y réfléchir ensemble, d’en discuter, de consulter des habitants d’autres villes où des solutions innovantes ont été expérimentées…

Château, berges… et cheminements

Poursuivons sur le patrimoine historique. On se projette mieux dans l’avenir quand on connaît son passé. Le Cercle Beaumontois a déjà fait beaucoup pour rendre visible et accessible l’Histoire de Beaumont, avec la restauration spectaculaire de l’Hôtel du Croissant, la création du Musée de Beaumont, l’organisation de visites de la ville, d’ateliers pédagogiques pour les enfants et d’expositions temporaires sur le passé de notre ville. Pourquoi ne serait-il pas possible de mettre davantage en valeur les plus belles demeures de notre ville ? De mettre en avant le témoignage -peut-être en le filmant- des anciens de la ville, sur les différentes périodes de la ville, pour en faire des soirées thématiques au Palace, ou des expositions à l’Hôtel du Croissant ? Les parcours singuliers des habitants, le croisement de la petite et de la grande histoire, en lien avec la médiathèque et la Résidence de personnes âgées de la Forêt de Carnelle ? En entretenant correctement la façade de la salle Léo Lagrange pour en faire par exemple non seulement un lieu qui se visite, mais surtout l’occasion d’une immersion dans le passé, avec un bal rétro, des salons de l’ancien, l’organisation de jeux de rôles grandeur nature en costume ou de spectacles historiques ou encore d’  « escape games » à thématiques historiques ? Et la projection de films à thématiques historiques au Palace, suivis de débats divers ? La ville dispose d’un studio d’enregistrement inutilisé qui pourrait évidemment donner lieu à l’enregistrement de témoignages, d’émissions de web radio ou web télé autour de l’histoire de Beaumont, de ses habitants, des pratiques culturelles originales, de commerces agréables ou étonnants, des événements qui s’y déroulent, etc. Encore une façon de valoriser la ville et d’y attirer les curieux. On pourrait aussi réfléchir à l’instauration d’une AMAP culturelle, comme à Nantes, avec des paniers de produits culturels et surtout de sorties incluant l’éventuelle garde des enfants, en nouant des partenariats avec des magasins et des structures culturelles de villes voisines : de tels paniers mettraient évidemment en très bonne place l’offre culturelle existant sur notre ville, que nous aurions soin d’améliorer d’ici là, et qui se trouverait soutenue en retour par l’affluence augmentée grâce aux abonnements suscités par ces paniers culturels.

Le château… Il est abandonné, interdit au public, tel une verrue poussée au milieu du centre-ville. Pourquoi ne pas en faire un atout ? Il accueillit jadis une caserne de pompier et même un commerce. Le point de vue sur la vallée de l’Oise et sur notre belle église est toujours remarquable. Ne serait-il pas possible d’en consolider le coeur, d’en aménager les coursives, afin de pouvoir de nouveau y accueillir le public ? Et qui sait, d’y organiser des fêtes médiévales ? Des spectacles son et lumière ? D’y implanter une aire de jeux pour petits et grands qui attireraient les Beaumontois et les habitants de toute la sous-région vers notre centre-ville ? L’ancien maire Fabrice Millereau avait obtenu l’autorisation de reconstruire le donjon, sous une forme moderne, de la part de l’architecte des Bâtiments de France. C’est donc possible, et pas forcément hors de prix, si l’on s’y prend par étapes. Et le retour sur investissement, en terme d’attractivité de la ville, serait important. Surtout si nous posons Beaumont comme la ville des pratiques populaires de l’Histoire, à l’aide d’un festival de l’histoire populaire qui valoriserait chaque année les appropriations populaires du passé, avec des reconstitutions historiques, des expositions de collectionneurs, des conférences et projections de films, des danses et musiques du passé, des jeux de rôle, des jeux du moyen-âge, etc. Un festival qui galvaniserait les associations et les écoles, avec le soutien de la mairie, et nous vaudrait d’attirer les amateurs, fort nombreux, de toute la région et peut-être au-delà. Les chantiers de réhabilitation du château, des berges, peut-être de l’amphithéâtre gallo-romain du lycée seraient en eux-mêmes des occasions d’appropriation collective de l’Histoire, par le recours à des compagnons-bâtisseurs, des tailleurs de pierre, des spécialistes des techniques de construction du Moyen-âge. Ceux-ci pourraient ainsi animer des chantiers internationaux ou de jeunesse, et faire redécouvrir aux volontaires les pratiques disparues…

La ville des bonnes surprises

De manière générale, on peut améliorer le charme de notre ville pour y rendre les ballades plus agréables encore, et y attirer familles et touristes. Encourageons les habitants par des concours ou par des dons en monnaie locale par exemple, et à l’aide d’un accompagnement le cas échéant par les services municipaux, et la fourniture de graines, à fleurir leur ville ou leurs façades et balcons. Encourageons les artistes à l’embellir, les agriculteurs amateurs à la végétaliser, les associations à l’animer, les enfants à l’occuper dans des espaces temporairement protégés des voitures… Organisons des grandes opérations conviviales de ramassages de déchets, avec animations et concours, mais aussi des chantiers participatifs, déjà mentionnés plus haut, comme à Trémargat en Bretagne, où les habitants peuvent mettre la main à la pâte en cas de travaux d’embellissement ou autres (on pourra également inviter les volontaires à nous aider à recenser la biodiversité et les ressources alimentaires sauvages disponibles sur notre territoire (herbes, baies, fruits…), à participer aux travaux ou à l’animation de la ferme pédagogique, à planter des arbres fruitiers dans la ville comme à Madrid ou Ungersheim, à greffer des arbres fruitiers sur des arbres d’ornement comme à San Francisco, etc.). Faisons de notre ville la ville des bonnes surprises, une ville où l’on découvre au coin d’une rue des bacs de légumes, une sculpture végétale géante, des arbres fruitiers qui nous offrent leurs fruits non traités, une installation temporaire d’artistes, des boîtes à don pour donner nos livres ou autres, des animaux de la ferme pédagogique emmenés à travers la ville par leur berger vers les espaces verts à tondre (comme les animaux de la ferme d’Ecancourt qui se promènent dans les rues de Cergy et de Pontoise, ou ceux de Villiers-Le-Bel)… Multiplions les animations de week-end en centre-ville en nous appuyant sur les passionnés (collectionneurs, artistes de rue, jeux de rôle grandeur nature, artisans, musiciens, stylistes, sportifs, cyclistes…). Nous pourrions ponctuellement changer l’ambiance du centre-ville, en transformant celui-ci en zone équatoriale, en ferme, en plage avec ou sans bassins, en jardin partagé, en cantine conviviale… Aménager des ruelles vertes, comme à Montréal, véritables îlots de fraîcheur, de convivialité, d’échange inter générationnel, de silence, de biodiversité… Organisons des conventions d’amateurs de mangas, de voitures de la deuxième guerre mondiale, de danses acrobatiques, de jeux écossais… en offrant aux associations des facilités (salle Léo Lagrange gratuite, publicité sur différents supports, en échange d’animations ponctuelles dans le centre-ville).

Sans doute faudra-t-il pour tous ces aspects de valorisation historique et touristique ainsi que du centre-ville ré-ouvrir un syndicat d’initiatives assisté de volontaires…

Miser sur l’innovation écologique

Beaumont a les moyens, le potentiel pour devenir aussi une ville d’avenir. Et l’avenir, qu’on s’en réjouisse ou qu’on s’y résigne, sera écologique. C’est une nécessité, et c’est aussi une formidable opportunité économique pour qui saura prendre le tournant au plus tôt. Et ce tournant est de nature à revitaliser la ville en général et le centre-ville en particulier.

Nous voulons que notre ville devienne le lieu de toutes les expérimentations en matière de transition écologique, et d’abord d’agriculture urbaine. Cela veut dire que nous encouragerons la mise en valeur par les habitants ou par des professionnels des friches, des espaces verts, des jardins des écoles, des balcons, des toits des immeubles et bâtiments publics et privés, ronds points… afin que ces espaces deviennent producteurs de nourriture bio. Chaque année en France, la demande de bio progresse de 10 %, bien plus vite que l’offre. Ce choix sera donc bénéfique non seulement pour la santé et l’environnement des habitants, mais également pour leurs finances : la production alimentaire sera pour partie distribuée dans les cantines et à la maison de retraite, pour partie vendue en priorité aux Beaumontois et à bas prix. Une partie sera tout simplement… cueillie dans la rue.

Les techniques agricoles innovantes que nous proposerons aux habitants et aux professionnels (bioponie, aéroponie, ultraponie, aquaponie, permaculture comme à la ferme du Bec Hellouin, poulaillers et ruchers sur toits, rues comestibles…) attirerons les curieux qui viendront observer ce qui se fait sur notre commune. Au-delà, nous encouragerons les principes de l’économie circulaire, voire symbiotique, qui sont encore peu développés mais intéressent de plus en plus les pouvoirs publics, les jeunes étudiants, les investisseurs et autres. Par exemple, nous tendrons au compostage et à la réutilisation / revente de la totalité des déchets organiques, comme en Irlande et en Suède, à la récupération et réutilisation des eaux de pluie collectées sur les toits ou dans les parcs, y compris ceux des entreprises et des écoles, à la mise à disposition de toilettes sèches publiques et privées et de la matière carbonée qui va avec, au rafraîchissement des rues et des bâtiments par les toits végétalisés, etc. Nous encouragerons également la mutualisation des équipements de jardinage et des jardins eux-mêmes, pour que ceux qui ont la chance d’avoir un jardin mais n’ont pas l’envie ou le temps de le cultiver puissent accueillir des voisins qui n’auraient pas de jardin mais souhaiteraient jardiner.

Nous ferons de même en matière de transition énergétique, en tentant de mettre en place le scénario Négawatt dans toutes ses dimensions, et de faire de notre ville un exemple aussi de ce point-de vue là. La transition énergétique des bâtiments et des acteurs économiques de la ville, avec des dispositifs originaux et pionniers (maisons à énergie positive, végétalisation des toits, installation de panneaux solaires sur les bâtiments publics (piscine, gymnase, mairie, écoles, Résidence Carnelle…), comme à Ungersheim par exemple, et privés dans la mesure du possible (en co-finançant les installations pour en partager les gains énergétiques et financiers ?)

Bien sûr le centre-ville sera dynamisé par ces évolutions. Des magasins, ateliers, petites entreprises pourront accueillir une partie des productions locales, voire les transformer, en faire des conserves, etc. Par exemple, dans l’Oise, la Très Petite Entreprise « Les reToqués » fabrique des biscuits apéritifs à partir de fruits écartés des circuits de distribution habituels faute de correspondre aux critères attendus. On pourrait imaginer ce type d’artisanat à la fois original et bien de son temps à Beaumont, où les productions locales, bio et solidaires en plus d’être originales (par les méthodes et espaces utilisés) pourraient faire l’objet d’un label qui les valoriserait encore et nous vaudrait sans doute un surcroît d’affluence en centre-ville. Des « repair cafés » se tiendraient régulièrement en centre-ville pour des échanges de savoir-faire autour de la réparation de nos vieux équipements électroniques, de nos vélos ou voitures, d’ateliers de couture pour réparer nos vêtements, fabriquer nos nettoyants ménagers, nos produits cosmétiques, nos dentifrices, etc. Les innovations en matière de transition énergétique ne seront pas toutes aussi visibles, mais quelques-unes le seront. Et n’en doutons pas, toutes ces innovations ne manqueront pas d’attirer à Beaumont touristes, curieux, journalistes, familles, investisseurs et autres professionnels

Miser sur les enfants et leurs parents

Si l’écologie est une notion d’avenir, il est évidemment que rien ne se fera si l’on ne donne pas dans le même temps la priorité aux enfants. Beaumont En Commun propose une série de mesures ambitieuses pour accompagner l’émancipation et le bonheur des nouvelles générations. Cette priorité aura évidemment des retombées en terme d’attractivité de notre ville et de redynamisation de son centre-ville. En faisant de notre ville un « paradis des enfants », donc des familles, nous attirerons les familles des communes alentours et même au-delà. La stratégie est simple : si l’on propose aux enfants des activités exceptionnelles et qui leur font plaisir, et qui sont néanmoins exigeantes sur le plan intellectuel et pédagogique, les enfants encourageront leurs parents à venir plus souvent, voire à s’installer, ou à passer davantage de temps, à Beaumont, s’ils y habitent déjà, et les parents auront envie d’emmener leurs enfants dans le centre-ville de Beaumont pour leur faire découvrir des choses… ou pour pouvoir confier à moindre frais leurs enfants à de bonnes mains tandis qu’ils profiteront d’un moment tranquille. Pour les familles, Beaumont doit devenir un réflexe : qu’est-ce qu’on fait samedi avec les enfants ? On va à Beaumont bien sûr ! On emmènera les enfants au parc du Château, on pique niquera sur les berges pour voir les animaux et tremper les pieds dans les bassins, puis on les déposera au centre de loisir ouvert à tous, où ils feront des activités intelligentes. Comme ça on pourra faire nos courses de la semaine et un peu de shopping pendant l’après-midi. On fera peut-être un crochet par la bibliothèque où ils proposent un spectacle pour enfants en fin d’après midi. Ils iront finalement manger au resto municipal (ouvert seulement les samedis et dimanches soirs) sous la surveillance d’animateurs comme ça nous on pourra se faire un petit resto en amoureux ailleurs dans la ville… et peut-être une toile rien que nous deux… A moins que nous ne nous rendions au lac des ciments pour y effectuer un baptême de plongée pour nous y baigner en toute sécurité avec les enfants sur la petite plage aménagée, surveillée et protégée, ou encore profiter d’une visite guidée de la faune et de la flore de cette petite réserve l’hiver.

Certaines villes ont fait un pari un peu similaire à ce que nous proposons. Les villes regroupées par le label Familles +, comme Mulhouse, des stations touristiques, etc. Par exemple, La Bourboule, en Auvergne, a misé sur les enfants et obtenu ce label. Elle accueille toute l’année des spectacles pour eux, ouvre ses portes pour des ateliers à la médiathèque, dont les horaires ont été élargis. Et le parc accueille des structures de jeux épatantes qui attirent les enfants et familles de toute la sous-région. Nous voulons suivre ce chemin, qui ne manquera pas de valoir à notre ville un surcroît d’affluence. Outre de nombreuses animations et activités proposées aux enfants, nous offrirons des solutions de garde collective au travers du centre de loisir le samedi en journée et les vendredis et samedis soirs, toute l’ année, afin de soulager les parents (de Beaumont et ailleurs) qui souhaitent sortir sur Beaumont. Elles seront gratuites en soirée pour les Beaumontois et pour les autres parents qui présenteront une preuve de sortie sur Beaumont (ticket de caisse, place de spectacle ou de cinéma, note de restaurant du jour.)

Rassurer et sécuriser en centre-ville

Il va sans dire mais c’est toujours mieux en le disant, la sécurité est un préalable. Si les gens ont peur de marcher dans la ville, et d’y faire leurs courses, notamment les habitants les plus âgés, ou s’ils ont peur de rentrer chez eux dès la nuit tombée, ils sortiront moins, et éviteront le centre-ville. Nous travaillerons donc avec la gendarmerie et les associations de prévention pour renforcer la sécurité en centre-ville et dans le reste de la ville. Patrouilles de gendarmes à pied et détachés spécialement pour aller à la rencontre des habitants (comme dans le Vexin avec les « patrouilleurs du Vexin », à Méry ou Auvers. Nous renforcerons les dispositifs sociaux et culturels (travailleurs sociaux, écoles de la seconde chance, MJC…) dont on sait l’efficacité contre ce qui conduit à la petite délinquance. Nous proposerons une politique spécifique à l’attention de la jeunesse en difficulté. Nous nous appuierons sur les familles, les mamans relais, les aînés des quartiers populaires, etc. pour prévenir les décrochages scolaires, les conduites à risque, les dérives délinquantes. Nous soutiendrons les habitants porteurs de projets, quel que soit leur âge. Nous lutterons contre l’illettrisme des parents et les carences dans les savoir fondamentaux des enfants, avec par exemple l’école le week-end. Et surtout, nous soutiendrons le pouvoir d’achat des plus fragiles -une façon de décourager les comportements déviants – et nous mènerons une politique de création et de soutien à la création d’emploi qui offrira de nouvelles perspectives à ceux qui auraient sinon pu être tentés par la délinquance.

Ne pas oublier le pouvoir d’achat, mais en monnaie locale

Si l’on veut relever notre ville en général et son centre-ville, il faut convaincre les habitants des alentours à revenir dans le centre-ville de Beaumont et éventuellement attirer de nouveaux habitants sur Beaumont. Les mesures indiquées plus haut devraient y pourvoir. Mais cela ne suffira pas. Il faut aussi soutenir directement les Beaumontois, et leurs commerçants. Ce sera l’objet de nos mesures de soutien des populations des quartiers populaires, de lutte contre la pauvreté et le chômage, d’une part, et de lancement d’une monnaie locale, d’autre part. Par de très nombreux dispositifs détaillés dans la proposition relative aux quartiers populaires et au développement économique, nous injecterons du pouvoir d’achat dans la population. Et grâce à notre monnaie locale, présentée dans la proposition éponyme, nous orienterons ce pouvoir d’achat distribué aux habitants de Beaumont vers… les commerçants, artisans et autres professionnels de la ville. Ce qui donnera un élan considérable à l’économie locale, donc des perspectives d’emploi pour notre population.

 

Xavier Renou et l’équipe de Beaumont En Commun

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