UNE MONNAIE LOCALE POUR BEAUMONT ?

Il existe un moyen peu connu de sauver une ville en déclin, une ville moyenne, comme il en existe des centaines, et notamment la nôtre. Un outil qui peut créer de l’emploi, booster le commerce local et même ramener de nouveaux commerçants et de l’innovation, au centre-ville. Un outil qui peut en même temps améliorer le niveau de vie des habitants, et relocaliser l’économie, au bénéfice de la ville. Un outil qui aide à réfléchir aux dégâts de la finance, au rôle de la monnaie et des banques, et en même temps qui encourage les bonnes pratiques des commerçants et des autres professionnels, dans un sens plus équitable et plus écolo. Un outil qui peut même à terme redonner des marges de manoeuvre financières à une municipalité, sans creuser le déficit. Une monnaie locale.

Notre ville, Beaumont sur Oise, compte un peu plus de 10 000 habitants. Elle ne manque pas d’atouts. Elle a du charme. De beaux restes historiques qui ne demanderaient qu’à être valorisés, mais ne le sont pas. Elle est à taille humaine. Bien située non loin de Paris et en bordure de l’Oise. Son budget n’est pas négligeable et permet à la fois d’entretenir l’existant, et d’investir. Elle fut autrefois un bourg, pour les habitants des nombreuses petites communes alentour, et pourrait sans doute le redevenir.

Les vraies raisons du déclin

 

Mais aujourd’hui, elle va mal. Elle est en déclin. Ce n’est pas la seule dans ce cas, beaucoup de villes moyennes ont été condamnées par nos élites (du PS à l’extrême-droite), qui ont décidé :

  1. de soutenir l’installation des grands centres commerciaux en périphérie
  2. d’opérer des coupes brutales dans les budgets des collectivités, ce qui limite leurs capacités à investir pour enrayer leur déclin
  3. de fermer les services publics. Beaumont, on est encore assez épargnée de ce point-de vue là, mais on sait que son tour viendra, et que notre département commence à souffrir du manque de structures de soins, que des écoles et des classes ferment, que les bureaux de poste sont menacés, ainsi que les administrations déconcentrées et les centres de Sécurité sociale, agences Pôle emploi, etc.
  4. de mener des politiques néolibérales (appelées aussi « néoclassiques », « ultralibérales », de « désinflation compétitive », « de l’offre » etc.) qui réduisent les aides et le soutien à la consommation et favorisent au contraire l’épargne et les revenus des plus riches (revenus boursiers et cadeaux fiscaux), des taux de chômage très élevés, la baisse du coût du travail donc des salaires donc du pouvoir d’achat des gens, la précarisation du travail donc l’intérim, la flexibilité des horaires qui veut souvent dire des journées de travail fragmentées, les contrats courts et donc l’alternance avec les moments sans travail etc. Autant de mesures qui rendent difficile l’accès au crédit, au logement et le maintien d’une consommation régulière.

A Beaumont sur Oise, même si notre proximité vis-à-vis de Paris nous protège encore, le déclin est visible. Le centre-ville se vide de ses commerces, on ne compte plus les locaux vides. La taille du marché de produits frais se réduit d’année en année. On compte de plus en plus de logements vides, parfois insalubres, et la valeur de l’immobilier tend à s’infléchir. Les anciens se souviennent du Beaumont de naguère, de son marché qui s’étendait loin au-delà du centre-ville et se tenait trois jours par semaine, des fêtes comme celle du bœuf gras, des très nombreux commerces du centre-ville, la grande librairie, etc.

Aujourd’hui, une partie de la ville, celle des classes moyennes, se transforme doucement en cité dortoir, avec des habitants qui quittent Beaumont de bonne heure et rentrent tard, et ne font plus ni courses ni loisirs dans leur ville, même le week-end. Au contraire, dans les quartiers populaires, une partie des habitants sont touchés par le chômage, la plupart ont un pouvoir d’achat fragile qui ne leur permet pas vraiment de consommer, ou alors seulement dans les grandes surfaces qui cassent les prix, ce qui accélère bien sûr le déclin du centre-ville. Alors pour ces habitants, les jeunes en particulier, c’est l’ennui, la résignation, le manque de perspectives, qui tuent petit à petit le vivre-ensemble. Et pour d’autres, c’est carrément l’enfermement dans la pauvreté, invisible et pourtant bien là. Un signe qui ne trompe pas : à l’antenne locale de la Croix-Rouge, le nombre de « bénéficiaires » à se présenter aux portes a doublé en deux ans… Dans l’indifférence générale.

Une idée qui a marché ailleurs

Comment sauver Beaumont du déclin que beaucoup croient irrémédiable ? Pour nourrir notre réflexion, nous avons fait deux choses que personnes d’autre ne fait, et nous en sommes les premiers choqués :

  1. nous sommes allés à la rencontre des habitants, en porte-à-porte, et nous continuons de le faire (car 3800 portes c’est beaucoup !) pour demander aux gens ce qu’ils voudraient pour Beaumont, leurs idées, leurs envies, et aussi ce qu’ils ne veulent plus !
  2. et puis nous avons passé en revue des centaines d’initiatives prises par des municipalités ou des habitants partout dans le monde, pour voir ce qui marchait ailleurs et pourrait peut-être, en l’adaptant, marcher à Beaumont.

La monnaie locale est l’une de ces idées qui ont marché ailleurs. En quoi ça consiste ? A créer -des habitants, une association, des commerçants, une mairie… – une monnaie qui est comme un complément à la monnaie nationale : elle en a les qualités, sans les défauts. Parmi la cinquantaine de monnaies locales que compte la France de nos jours, certaines ont été crées par des habitants, comme à Roman sur Isère, Montreuil… d’autres par des mairies, comme à Toulouse, Nanterre, Carhaix et demain Paris.

La monnaie locale présente deux avantages immenses :

  1. elle ne peut être dépensée que localement, ce qui soutient évidemment fortement l’économie locale.
  2. elle ne sert qu’aux échanges, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas rejoindre la sphère financière, l’économie virtuelle, la spéculation qui font tant de mal aux activités de l’économie réelle et qui surtout privent celles-ci de… monnaie. Il ne sert d’ailleurs à rien de l’épargner, parce qu’elle ne vous rapporte rien de cette façon. Son seul intérêt pour vous, c’est de vous donner plus de pouvoir d’achat, à dépenser localement, et pour les commerçant et autres professionnels locaux, c’est de leur apporter davantage de clients.

L’idée n’est pas vraiment nouvelle, puisqu’au Moyen-Âge, déjà, des villes avaient lancé leurs propres monnaies locales. Mais la version moderne de la monnaie locale date des années 1930, quand l’Europe s’enfonce dans la grande crise économique qui suit le krach boursier de 1929. Chômage et pauvreté grimpent, la dette des particuliers, des entreprises et des communes explose… Les entreprises n’ont plus de clients, plus d’accès au crédit bancaire, ne peuvent plus investir ni faire face à leurs charges. Mais des audacieux, en Allemagne, avec le Wära de Schwanenkirchen, en Autriche à Wörgl, à Nice, en France, et en Suisse se mettent à créer des monnaies locales pour relancer l’activité. Et en quelques mois, les résultats sont spectaculaires : les dettes publiques et privées sont payées, le chômage est éliminé, la pauvreté, éradiquée. L’investissement repart, ainsi que la consommation… Au point que les gouvernements d’alors, comme les nazis, arrivés au pouvoir entre-temps en Allemagne, décident d’interdire purement et simplement ces monnaies, parfois à la demande des grandes banques qui prennent peur. Sauf en Suisse, paradoxalement, où les habitants à l’origine du WIR reçoivent la licence bancaire et sont donc officiellement reconnus par l’État jusqu’à… aujourd’hui. Le WIR sert encore aujourd’hui aux échanges entre plus de 60 000 entreprises, commerçants et fournisseurs, et a été étudiée en long et en large par les plus grands économistes, qui ont décrit ses effets bénéfiques : cette monnaie a empêché de très nombreuses faillites, et largement soutenu l’emploi…

Des résultats spectaculaires

Dans la période récente, les monnaies locales ont refait leur apparition. En Argentine, au début des années 2000, l’économie s’est effondrée sous le coup de politiques économiques du type de celles que Macron nous impose aujourd’hui. Une monnaie locale, le credito a permis à plusieurs millions de personnes de retrouver du pouvoir d’achat, et d’abord de survivre. Pareil pour le Palmas, au Brésil, qui a tiré tout un bidonville de la misère. Ou le Chiemgauer, à Traunstein en Allemagne, qui a généré des millions d’euros de chiffre d’affaire pour les entreprises de cette ville de 20 000 habitants depuis 2003. Partout sur la planète, souvent discrètement, parfois avec plus de bruit, elles se sont développées, dans plusieurs milliers de villes aujourd’hui. La loi de juillet 2014 sur l’Économie Sociale et Solidaire a d’ailleurs pris acte de ce succès et proposé un cadre pour les monnaies locales afin d’en accompagner la multiplication en France. La plus importante de ces monnaies, dans notre pays, c’est l’Eusko. Elle a été lancée en 2013 par une poignée de citoyens. Aujourd’hui, des centaines d’entreprises et d’associations l’utilisent, et plusieurs milliers de personnes. 750 000 Euskos circulent entre les villes d’Hendaye, Ustaritz et Bayonne qui ont toutes adhéré à l’Eusko et parlent même de payer leurs agents et leurs prestataires en monnaie locale. La monnaie locale du Sud-Ouest a ainsi relancé l’emploi, permis le financement de très nombreux projets agricoles, artisanaux, commerciaux et soutenu diverses initiatives d’ordre écologique ou culturel, ce qui était l’un de ses objectifs. Elle est d’ailleurs devenue pour partie électronique depuis deux ans, avec la mise à disposition de cartes bancaires et de terminaux de paiement…

Comment et pourquoi ça marche ?

Il existe différents types de monnaies locales. Ce serait un peu fastidieux de les présenter toutes, et notre idée à Beaumont en Commun si les habitants nous donnent leur confiance en 2020 c’est de former des groupes de travail avec les habitants, commerçants et autres acteurs du territoire pour en décider vraiment les contours. Donc nous vous présentons ici une simple piste de réflexion ouverte.

Concrètement, une monnaie locale c’est d’abord des billets qu’on fait imprimer, par exemple la mairie, ou une association qu’on formerait avec des habitants pour gérer cette monnaie. On ajoute un système sécurisé sur les billets pour empêcher qu’ils ne soient copiés. Et puis on paye, vous payez avec votre monnaie locale, et le commerçant, l’artisan, le fournisseur vous prend votre monnaie locale et vous rend le cas échéant la monnaie en monnaie locale s’il le peut, en euros, à défaut.

Pour plus de facilités, notre monnaie sera parfaitement équivalente à l’euro : 1 « Beaumont » (appelons-la ainsi en attendant de demander aux habitants comment ils voudraient l’appeler) = 1 euro. Donc si votre boulanger décide de rejoindre la démarche, il acceptera vos « Beaumont », et vous paierez votre baguette 1 « Beaumont » au lieu d’un Euro. Il pourra même vous offrir une petite ristourne s’il a compris qu’il avait intérêt à encourager l’usage de la monnaie locale. La baguette à 1,10 euros pourrait donc ne coûter qu’un « Beaumont » pour qui paye en monnaie locale. Précisons-le tout de suite : la monnaie sera convertible pour les professionnels, mais pas pour les particuliers. Tout le monde pourra donc se procurer des « Beaumont », en recevoir ou en échanger contre ses euros, et les dépenser bien entendu, mais seuls les professionnels pourront éventuellement les reconvertir en Euros pour leurs besoins (fournisseurs, loyers, salaires à payer, taxes…).

Notre monnaie sera garantie par un budget municipal équivalent et gelé pendant au moins un an. C’est à dire que si la mairie et les habitants décident d’imprimer 100 000 « Beaumont », un budget de 100 000 euros sera gelé au niveau de la mairie. C’est dans ce budget que l’on puisera pour échanger les « Beaumont » que les commerçants et autres professionnels décideraient de reconvertir. Du coup, pas de problème de confiance du côté des commerçants et autres, ils savent qu’ils peuvent accepter la monnaie locale (s’ils le souhaitent) puisqu’ils pourront la convertir en Euros n’importe quand.

Précisons que le lancement de notre monnaie locale se ferait bien sûr parallèlement à d’autres mesures destinées à élargir l’offre commerciale sur notre ville : la mise à disposition de locaux réhabilités à des commerçants, du micro-crédit et un accompagnement aux porteurs de projets, le soutien aux commerçants déjà en place, des facilités pour l’installation ou le lancement de porteurs de projets, etc. Nous les détaillons dans nos propositions relatives à la Transition écologique et énergétique, aux quartiers populaires et au développement économique, et au Centre-ville.

Comment va-t-on mettre en circulation cette monnaie, et convaincre les habitants de la choisir pour leurs dépenses ?

Il y aura bien sûr les habitants soucieux de voir renaître leur ville. Ceux-là seront des militants de la monnaie locale, car ils savent que la choisir revient à faire du bien à tous. Ils iront changer une partie de leurs Euros en « Beaumont » pour rendre visible leur attachement à la ville. Mais parce que le militantisme ne suffit pas, notamment pour celles et ceux qui n’ont pas d’Euros à changer faute de pouvoir d’achat, la mairie injectera de la monnaie locale dans l’économie locale de plusieurs façons.

Une monnaie locale pour sauver Beaumont

Les pistes sont nombreuses : on peut payer une partie des aides sociales, éventuellement augmentées, en monnaie locale. On peut proposer des emplois socialement utiles, en contrats courts ou plus durables, pour par exemple accueillir davantage les enfants le soir ou le week-end afin de libérer leurs parents des soucis et des coûts de garde et leur permettre de sortir davantage et d’aller faire leurs courses en centre-ville, le samedi. On peut proposer qu’une partie des indemnités des élus de la ville leur soient versées en monnaie locale, comme à Bristol, en Grande-Bretagne, une autre réussite d’une monnaie locale. On peut proposer aux agents de la ville des augmentations de leurs salaires, en échange par exemple de réaménagements horaires permettant une ouverture plus fine des services publics, et les verser en monnaie locale. On pourrait co-financer des projets novateurs sur la ville à l’aide de monnaie locale. On pourrait encore récompenser des bénévoles dont le travail remarquable est socialement utile pour la ville, ou faire des concours de balcons fleuris, de valorisation d’espaces verts, etc. dont les prix seraient des sommes d’argent local. On pourrait allouer aux budgets des écoles primaires et maternelles des sommes en monnaie locale. On pourrait accorder des rabais sur divers services municipaux, et peut-être sur des taxes locales, à ceux qui les paieraient en monnaie locale. On pourrait récompenser les sportifs ou les élèves les plus méritants. On pourrait récompenser les innovations socialement utiles, les meilleures idées des habitants pour le développement de la ville, encourager des pratiques écologiques nécessaires par la distribution de monnaie locale (pour celles et ceux qui ouvrent leurs jardins, prêtent leurs outils, offrent leurs graines, veulent installer des récupérateurs de pluie, des panneaux solaires, réduire leurs déchets, expérimenter les toilettes sèches, etc.) On pourrait bien sûr allouer des aides ponctuelles aux familles en difficulté, voire imaginer à terme un revenu universel pour tous les Beaumontois, versé en monnaie locale chaque mois. Etc. Et dans certaines villes, on offre 110 unités de monnaie locale (110 « Beaumont ») pour 100 Euros échangés, aussi. Voyez, les possibilités sont très nombreuses !

On aiderait ainsi les gens (emplois, augmentations, récompenses valorisantes, aides ponctuelles) tout en aidant la ville : c’est en fait la recette qui a si bien fonctionné pendant les Trente Glorieuses en France, et que le président Roosevelt ou l’économiste Keynes ont mis au point : le soutien à la demande par la dépense publique, mais dans une économie qui était alors protégée de la concurrence internationale. L’environnement économique a depuis changé, la concurrence s’est faite de plus en plus déloyale (les bas coûts de main d’œuvre, l’absence de normes sociales ou environnementales, de sécurité, d’hygiène, de respect des brevets, d’impôts, etc.), avec un nivellement par le bas des pratiques. L’introduction d’une monnaie qui ne peut être dépensée que localement agit comme le rétablissement de barrières douanières : elle protège les commerçants de la concurrence des commerces des autres villes, et aussi de celle, franchement déloyale, des grandes surfaces. Elle encourage les bonnes pratiques (le local, le respect des normes sociales et environnementales). Et elle redonne du pouvoir d’achat à une partir de leur clientèle naturelle, les habitants de la ville…

Du côté des professionnels, il y aura nécessairement une augmentation du chiffre d’affaire, et une fidélisation plus grande de la clientèle. Sans parler de la convivialité qui va avec la monnaie locale. Le but du jeu ensuite, c’est de réduire la propension des professionnels à convertir leur monnaie locale en Euros. Il faut qu’à leur tour ils soient encouragés à remettre en circulation leurs « Beaumont ». Pour cela, la mairie les accompagnera afin de convaincre leurs fournisseurs d’accepter de la monnaie locale, ou afin de trouver des fournisseurs locaux à la place de leurs fournisseurs lointains. Quitte à encourager l’émergence de fournisseurs locaux qui n’existaient pas jusque-là. Ce qui bien sûr renforcera encore le développement local et l’emploi. Et puis des discussions peuvent avoir lieu avec leur personnel pour des rémunérations qui intégreraient une part de monnaie locale. Et puis certains magasins peuvent faire banque à leur tour, en changeant leurs « Beaumont » contre les Euros de leurs clients. Et puis la mairie pourrait accepter le paiement des impôts et taxes des professionnels en monnaie locale, quitte à leur accorder des ristournes pour les inciter à payer en monnaie locale. Pour finir, les professionnels pourront quand même changer leurs « Beaumont » en Euros auprès de la mairie, mais une commission de change de 5 % leur sera appliquée, et c’est cette commission qui paiera l’impression et la sécurisation des billets, d’une part, et du micro-crédit pour des porteurs de projets d’autre part, quitte à ajouter une part en Euros pour compléter les sommes nécessaires à ces crédits. On pourrait ainsi financer des micro-crédits de quelques centaines à quelques milliers d’équivalents Euros qui pourraient aider des porteurs de projets comme des nouveaux commerçants, artistes, auto entrepreneurs, associatifs… à accéder à une mise de départ pour louer des locaux en centre-ville afin d’y proposer des activités originales. Des activités éventuellement rentables, mais pas forcément. Bon, pas trop déficitaires non plus évidemment. Mais utiles aux habitants, et qui animeront intelligemment le centre-ville en le rendant d’autant plus attractif. Des projets qui seront également susceptibles d’attirer des familles et consommateurs des environs. De donner une chance à des habitants entreprenants. Et de diversifier ainsi l’offre de services et de biens proposée en centre-ville pour rendre à terme inutiles les grandes zones d’activité commerciales qui cernent Beaumont. Une partie des gains réalisés par la mairie lui offriront de nouvelles marges financières pour financer de petits travaux de réhabilitation, d’embellissement, de verdissement de la ville en général et du centre ville en particulier, toujours en vue d’y faire revenir les foules.

Pour les professionnels, la petite perte consentie sera largement compensée par l’augmentation de leur chiffre d’affaire, même s’ils préféreront toujours trouver preneur de leurs « Beaumont », donc de remettre en circulation, plutôt que de les changer, et c’est ce que nous espérons justement, le mieux est que la monnaie locale circule, c’est comme ça qu’elle crée le plus de richesses.

Alors bien sûr il ne s’agit pas de rendre obligatoire quoi que ce soit. Les commerçants et autres professionnels de Beaumont seront adhérents de droit à la monnaie locale, mais seulement s’ils le veulent. Au-delà, on acceptera au cas par cas l’intégration de producteurs ou commerçants, grossistes, etc. extérieurs à notre commune, mais qui pourraient aider à relocaliser notre économie : par exemple un fournisseur de farine pour les boulangers s’il n’en existe pas sur Beaumont, un agriculteur bio pour nos cantines, etc. Tout en réfléchissant aussi à soutenir l’émergence de fournisseurs sur Beaumont. Ce serait ainsi à terme tout un territoire qui bénéficierait d’un nouveau développement économique rendu possible par la monnaie locale. Et lorsque le succès de la monnaie locale sera bien établi, elle sera l’objet de nombreuses demandes d’adhésion de la part de professionnels qui viendront s’installer à Beaumont ou de professionnels installés dans les villes voisines. Nous serons alors en mesure d’introduire des objectifs sociaux et écologiques qui orienteront les pratiques des professionnels dans un sens toujours plus respectueux des Hommes comme de l’environnement.

Les monnaies locales n’ont pas les défauts des monnaies conventionnelles. Elles sont en général convertibles en Euros, pour encourager commerçants et artisans à les accepter, mais elles circulent 10 fois plus vite en moyenne que les Euros puisqu’il ne sert à rien de les épargner ni de les emporter loin du territoire auquel elles sont destinées. Aujourd’hui, 10 Euros dépensés à Beaumont ne tardent pas à quitter la ville après une ou deux transactions maximum, et à quitter même l’économie réelle pour se retrouver à 90 % dans la sphère financière. Les monnaies locales au contraire ne sont dépensées que dans des biens et services réels : la richesse créée localement est donc importante, et d’autant plus lorsqu’une municipalité en profite pour soutenir le développement d’une large offre commerciale locale, afin de couvrir tous les besoins des professionnels comme des simples habitants. Pour 100 000 Euros de mise de départ, par exemple, on peut créer plusieurs fois l’équivalent de cette somme en richesse locale… De quoi redynamiser une ville, non ?

 

Xavier Renou et l’équipe de Beaumont En Commun

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